Avec l’appui de la Banque mondiale, le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel – Phase 2 (PRAPS II) renforce les services vétérinaires. En effet de la réalisation d’infrastructures vétérinaires, à l’appui au financement des grandes campagnes annuelles de vaccination du cheptel, à la surveillance épidémiologique des maladies animales, en passant par la gestion des déchets biomédicaux, ces investissements rapprochent les services des éleveurs et contribuent à mieux protéger le cheptel nigérien.

Au Niger, le pastoralisme est bien plus qu’une activité d’élevage. Il constitue un mode de vie, une source essentielle de revenus et un pilier de l’économie de millions de pasteurs et d’agropasteurs. La santé du cheptel représente ainsi plus qu’un enjeu majeur pour les familles qui en dépendent.
C’est pourquoi le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel – Phase 2 (PRAPS II), mis en œuvre avec l’appui financier de la Banque mondiale à hauteur de 110 millions de dollars, accorde une place importante au renforcement de la santé animale.
Des services vétérinaires plus proches des éleveurs
Sur le terrain, cette intervention se traduit par des réalisations concrètes. Le PRAPS II contribue au renforcement de la couverture sanitaire à travers la construction de 120 parcs-couloirs de vaccination, 38 postes vétérinaires et quatre (4) cliniques vétérinaires rurales.
À ces infrastructures s’ajoutent des bâtiments administratifs notamment un nouveau laboratoire de contrôle des denrées alimentaires ainsi que le futur siège de la Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV).
L’objectif est de rapprocher les services vétérinaires des zones d’élevage, d’améliorer la prévention et la surveillance des maladies animales afin d’améliorer la productivité du cheptel et la résilience des communautés pastorales et agropastorales.
Pour les éleveurs, ces infrastructures changent concrètement les conditions d’accès aux soins et à la vaccination.
À Kéllé Kéllé, dans une zone pastorale, Cheffou Dicko, éleveuse, témoigne de cette évolution :
« Après 70 ans passés ici, je n’avais jamais vu une telle facilité pour les séances de vaccination. »
Elle se souvient des difficultés rencontrées auparavant pour vacciner les animaux :
« Nous faisions appel aux jeunes du village pour immobiliser les animaux, et il y avait souvent des blessures. »
Aujourd’hui, la situation est différente. Les aménagements réalisés facilitent la contention des animaux et rendent les opérations de vaccination plus rapides et plus sûres.
« Grâce au PRAPS II, la vaccination est devenue beaucoup plus facile et sécurisée », se réjouit-elle.
Plus de 100 millions d’animaux vaccinés
La vaccination demeure l’un des principaux moyens de prévention et de lutte contre les maladies animales.
Entre 2022 et 2026, les campagnes soutenues par le PRAPS II ont permis de vacciner plus de 30,8 millions de bovins et 73,6 millions de petits ruminants contre les principales maladies animales.
Derrière ces chiffres se trouvent des milliers de familles dont les moyens d’existence dépendent directement de l’élevage. Pour elles, protéger les animaux revient à préserver un capital économique essentiel, mais aussi les revenus, l’alimentation et l’avenir des ménages.
Le témoignage de Cheffou Dicko illustre cette réalité : lorsque la vaccination devient plus accessible et plus sûre, c’est toute la chaîne de vie autour du troupeau qui est mieux protégée.
Une meilleure gestion des déchets vétérinaires
Le renforcement de la santé animale ne se limite pas à la vaccination et aux infrastructures.
Le PRAPS II accompagne également l’amélioration de la gestion des déchets issus des activités vétérinaires, notamment à travers l’installation d’incinérateurs modernes répondant aux normes environnementales à Niamey et dans les 6 régions d’intervention.

Ces équipements contribuent à une gestion plus sûre des déchets biomédicaux et à la réduction des risques sanitaires et environnementaux liés aux activités de soins et de vaccination animale.
Cette dimension, moins visible pour les communautés, participe pourtant à la consolidation d’un système de santé animale plus sûr et plus durable.
Protéger le cheptel, renforcer la résilience
À travers le développement des infrastructures vétérinaires, le renforcement de la vaccination et l’amélioration de la gestion des déchets biomédicaux, le PRAPS II contribue à renforcer durablement le système national de santé animale.
L’enjeu dépasse la seule protection des animaux. Chaque animal vacciné, chaque infrastructure fonctionnelle et chaque service vétérinaire rapproché des éleveurs contribue à préserver les revenus et les moyens d’existence des communautés pastorales.
À Kéllé Kéllé, le témoignage de Cheffou Dicko donne un visage concret à cette transformation. Après plus de sept décennies passées dans son environnement pastoral, elle constate une amélioration qu’elle n’avait jamais connue auparavant.
Lorsque les services vétérinaires se rapprochent des éleveurs et que la vaccination devient plus accessible, c’est tout le pastoralisme qui gagne en sécurité et en résilience.

