PRAPS 2 Niger : sur le terrain, le pari d’un pastoralisme plus résilient

Au Niger, le pastoralisme fait vivre des millions de familles de pasteurs et d’agropasteurs. Cependant, la dégradation des terres, le changement climatique et la pression sur les ressources naturelles fragilisent ce mode de vie. Pour renforcer la résilience des communautés, le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel – phase 2 (PRAPS II), financé par la Banque mondiale, accompagne l’État dans la réalisation d’infrastructures, la restauration des terres et le développement des cultures fourragères. Sur le terrain, les premiers effets sont visibles.

Des terres pastorales dégradées retrouvent leur potentiel

Dans la région de Tahoua, l’enclave pastorale de Mallé Rougga, dans la commune rurale de Bangui, à Madaoua, illustre les effets de l’approche (HIMO) pastorale (Haute intensité de main-d’œuvre impliquant les communautés pastorales autour de leurs terroirs d’attache).

Sur des terres fortement dégradées, environ 150 familles d’éleveurs ont été mobilisées pour installer temporairement leurs troupeaux sur les glacis. Cette pratique permet de fertiliser naturellement les sols grâce aux déjections animales, tandis que l’ensemencement d’espèces fourragères et la Régénération naturelle assistée (RNA) favorisent le retour de la végétation.

À ce jour, 300 hectares de terres pastorales dégradées ont été récupérés et restaurées. Peu à peu, ces espaces autrefois dénudés retrouvent un couvert végétal et offrent de nouvelles possibilités de pâturage.

Pour Ibrahim Adamou, représentant du chef du groupement peul de Madaoua, cette intervention apporte une réponse concrète à la dégradation des terres pastorales.

L’eau et le fourrage au cœur de la résilience

La sécurisation du pastoralisme passe également par l’amélioration de l’accès à l’eau et aux ressources fourragères. Le PRAPS II a ainsi contribué à la réalisation de plus d’une centaine d’ouvrages hydrauliques pastoraux et à la production de plus de 7 600 tonnes de fourrages, désormais disponibles pour les pasteurs et agropasteurs.

À Ibécétane, toujours dans la région de Tahoua, l’impact de ces investissements est particulièrement visible au Centre secondaire de multiplication de bétail (CSMB), spécialisé dans la conservation et la multiplication de la race bovine Azawak.

À Ibécétane, l’eau rapproche le bétail des éleveurs

Le centre, qui compte 465 bovins, faisait auparavant face à d’importantes difficultés d’abreuvement. Les animaux devaient parcourir plus d’une dizaine de kilomètres pour accéder aux puits des villages voisins.

Avec l’appui du PRAPS II, la Station de Pompage Pastoral en arrêt a été réhabilité avec la construction d’un forage de grande capacité l’installation de plusieurs abreuvoirs.

« Avant, l’abreuvement de nos animaux était une véritable difficulté. Aujourd’hui, l’accès à l’eau est beaucoup plus facile », témoigne Issa Boubacar, directeur du CSMB d’Ibécétane.

Produire du fourrage pour mieux affronter la soudure

Au-delà de l’accès à l’eau, le projet accompagne également le développement des cultures fourragères sous pluie et en irriguée. À Ibécétane, le PRAPS 2 a mis à la disposition du centre de semences de six spéculations produites sous pluie : niébé, mil, maïs, sorgho, dolique et pois d’angole.

Cultivées sur 125 hectares, ces productions ont permis de constituer des stocks de sécurité pour alimenter le cheptel pendant les périodes de soudure.

À travers la récupération des terres, l’accès à l’eau, la production fourragère et la sécurisation des espaces pastoraux, le PRAPS II entend ainsi renforcer durablement la capacité des pasteurs et agropasteurs à faire face aux aléas climatiques et aux pressions sur les ressources naturelles.

Sur le terrain, les ouvrages réalisés et les témoignages des bénéficiaires traduisent une même réalité : investir dans le pastoralisme, c’est aussi renforcer la résilience économique et sociale des communautés rurales.

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