PRAPS 2 : cap sur la durabilité des acquis au Niger

Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de la huitième mission d’appui de la Banque mondiale, le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel, phase 2 (PRAPS II), a tenu une série de rencontres stratégiques à Niamey du 30 juillet au 1er août 2025. Conduite par l’expert régional de la composante 4, cette mission à poser les jalons d’une sortie de projet structurée et durable, au service des pasteurs et agropasteurs nigériens.

Trois axes majeurs ont guidé cette mission : la préparation de la stratégie de désengagement du projet, le renforcement du suivi-accompagnement des bénéficiaires de formations et d’activités génératrices de revenus (AGR), ainsi que la production de notes de capitalisation sur les résultats enregistrés dans le pays.

Former les jeunes pour transformer les territoires ruraux

La première étape de la mission a été marquée par une rencontre avec la Direction de l’Apprentissage et de la Formation Professionnelle en Milieu Rural. À cette occasion, les autorités ont salué la contribution déterminante du PRAPS 2 dans l’insertion professionnelle des jeunes issus des communautés pastorales et agropastorales. Grâce à une démarche rigoureuse, plus de 2 096 jeunes pasteurs et agropasteurs ont été formés dans des métiers porteurs comme le maraîchage, la transformation agroalimentaire, l’entretien d’ouvrages communautaires, ou encore les services vétérinaires de proximité.

La Direction a recommandé de prolonger cette dynamique par un mécanisme de coaching post-projet afin de suivre les parcours d’insertion et renforcer l’impact à long terme. Il a également été demandé au partenaire en collaboration avec les experts du PRAPS 2 de produire une base de données consolidée des bénéficiaires, récapitulant les succès, les défis et les leçons tirées.

Faire entendre la voix des communautés pastorales

La parole a ensuite été donnée aux organisations pastorales partenaires, qui ont exprimé leur reconnaissance envers les appuis reçus, tout en soulevant des préoccupations. La diversité des formations et des activités soutenues rend le suivi des bénéficiaires complexe à long terme. D’où l’appel à une stratégie globale de suivi post-projet, à définir avec les OP elles-mêmes, ainsi qu’à une communication claire sur la fin du projet, pour favoriser l’autonomisation des parties prenantes et l’arrivée éventuelle de nouveaux partenaires.

Pour ces organisations, la mise en réseau des acteurs de la filière pastorale représente un levier essentiel pour assurer la pérennité des acquis.

AGR : un ancrage territorial, des défis à relever

Le Réseau des Chambres Régionales d’Agriculture (CRA), partenaire central dans la mise en œuvre des AGR, a également partagé son expérience. Le PRAPS 2 s’est appuyé sur les CRA pour déployer ses AGR dans les zones rurales, une démarche jugée innovante et porteuse.

Toutefois, la lourdeur des tâches – de l’identification des bénéficiaires à leur accompagnement – a été soulignée après le CRA.  Il ainsi été recommandé de confier éventuellement le suivi des AGR à des prestataires spécialisés (ONG ou cabinets), pour une approche plus ciblée et réactive sur le terrain.

Transferts monétaires et inclusion civile : des résultats concrets

Du côté des mécanismes de soutien économique, la Nigérienne de Transfert d’Argent (NITA) a confirmé avoir servi 2 526 bénéficiaires dans quatre régions (Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéri) depuis septembre 2024. Les opérations se sont déroulées sans incident, conformément aux listes validées par le PRAPS 2, avec un engagement renouvelé  de NITA en faveur de la transparence et de la traçabilité.

Enfin, la Direction Générale de l’État Civil, des Migrations et des Réfugiés a vivement remercié le PRAPS 2 pour son soutien constant à l’organisation des audiences foraines. Ces actions ont permis l’octroi d’actes de naissance à de nombreux pasteurs et agropasteurs vivant en marge des systèmes d’enregistrement classiques, renforçant ainsi leur citoyenneté et leur accès aux services sociaux de base. Le Directeur général a plaidé pour la poursuite de cette approche au-delà du projet, tant la demande reste forte dans les zones reculées.

Un tournant stratégique vers la durabilité

Ces échanges riches et ouverts ont permis de faire le point sur les acquis, recueillir les attentes des acteurs, et surtout préparer la suite, dans une logique de consolidation et de durabilité. À l’heure où le PRAPS 2 s’approche de sa phase de désengagement, la dynamique enclenchée appelle à une responsabilisation accrue des parties prenantes locales, pour que les résultats obtenus ne soient pas éphémères.

Le défi est désormais de capitaliser les réussites pour inspirer d’autres initiatives, institutionnaliser les approches efficaces, et accompagner les bénéficiaires vers l’autonomie.

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